Cinéma et BD : Fahrenheit 451 (1966 – 2010)

On connaît l’oeuvre originale de Ray Bradbury…Mais il a été adapté en film en 1966, mais aussi en comics par Tim Hamilton en 2010. Un paradoxe quand on connaît l’oeuvre et qui peut faire débat.

Ecrit entre 1947 et 1951, le livre de Bradbury reste ancré dans une réalité d’après guerre. Il ne fait pas appel au macCarthysme , comme on peut le croire mais plus probablement aux totalitarismes qui furent vaincu par une Amérique qui veut aussi imposer son bonheur, avec l’arrivée de la télévision, de la publicité de masse, … Face à cette déculturation, Bradbury s’inquiète de ce que pourrait donner l’alliance de tous ces éléments. Et ça donne ce synopsis :

Dans une société dystopique où la connaissance est considérée comme un danger, les livres sont interdits. Le métier de Guy Montag consiste à les repérer et à les détruire par le feu. Mais un jour, sa rencontre avec Clarisse le pousse à remettre son activité en question.

La BD d’Hamilton est totalement fidèle au roman, jusqu’à son découpage en trois parties. Chronologiquement, il n’y a pas de variation et c’est donc une transposition visuelle qui n’est pas forcément conforme au souvenir que j’avais du livre. Chaque lecteur se fait son propre imaginaire et c’est tout le problèmes des adaptations. Hamilton offre donc à ses lecteurs un moyen de connaître ce classique autrement qu’en roman, en essayant justement de ne pas trahir l’oeuvre. Le discours du capitaine Beatty sonne pourtant bizarrement dans le contexte d’une BD. Son univers est sombre, plutôt élégant et travaillé. C’est un choix qui se respecte.

Le film de François Truffaut,que j’ai pu revoir récemment, a mal vieilli. Le décor est Kitsch aujourd’hui avec ces uniformes bricolés, ce look propre aux années 60. Il fait justement vieux comicbook, un peu comme les adaptations de Batman de la même époque. Et pourtant l’histoire est là. Truffaut a pris des libertés dans la chronologie et dans l’age des personnages. Il n’en reste pas moins intéressant dans la force des images des scénes clés. La scène des soins à la femme de Montag, après la tentative de suicide de Mildred est très réussie par exemple. Il insiste finalement plus sur ce mal être paradoxal d’une femme qui semble tout avoir, dans ce bonheur calculé et automatisé. Montag montre progressivement ses contradictions et ça s’enchaîne bien plus logiquement que dans la BD. Seul le visuel nous fait parfois sortir de l’histoire, aujourd’hui. Et de Dystopie, on pourrait penser à une uchronie.

Est-ce que l’une de ces deux oeuvres fait aussi ce que Bradbury semble dénoncer, à savoir la réduction des oeuvres à des citations, à des condensés, jusqu’à les voir disparaître? Nous sommes peut-être plus proche d’un 1984 dans la vision de Truffaut que dans celle d’Hamilton. Cela rend le film de Truffaut encore intéressant et fascinant, sans réduire l’oeuvre de Bradbury. J’ai du mal à trouver de gros défauts à la mise en image d’Hamilton, mais c’est aussi sans surprise lorsque l’on a lu l’original. Par son classicisme, à défaut de modernisme, la BD est presque plus recommandable à celui qui est rétif à l’idée de lire un roman. Mais j’ai un attachement particulier au film de Truffaut, peut-être par ses maladresses, ou le fameux monorail Safege qui me rappelle le prototype de Jean Bertin dont on trouve encore des vestiges. Le puriste que je suis aura de toute façon tendance à reprende le livre, parce que justement, ils sont toujours menacés. Donc à chacun de voir selon ses affinités.

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