Santé : Règles vol.1

J’avais prévu depuis quelques mois de relater quelques péripéties de santé qui sont arrivées à mon épouse depuis un an et demi. Il s’agit surtout de regarder avec du recul tout cela, d’en tirer des leçons et d’en faire profiter beaucoup d’autres personnes qui sont touchées par tout ce qui tourne autour des …. Règles.

Je suis un mec, donc je ne mesurais pas suffisamment, pendant des années, la chance que j’avais de ne pas avoir périodiquement ce phénomène exclusivement féminin qui fait que l’on perd du sang, que l’on a mal au ventre, que l’on passe souvent par des toilettes, que l’on doit porter des sous-vêtements et/ou des accessoires très contraignants.. Oui, beaucoup de mecs s’en foutent sauf quand ça les dérange dans leur activité sexuelle, égoïstement. Mais pour énormément de femmes sur terre, c’est une réelle souffrance, déjà en temps normal. Alors quand tout cela se détraque, c’est l’horreur…

Episode 1 : Des saignements anormaux

Chez certaines femmes, les règles sont plus abondantes que chez d’autres. La vie est injuste à la base mais parfois encore plus. Mais il arrive aussi qu’elles sont si abondantes qu’un changement de serviette et/ou tampon doit intervenir toutes les heures, même pour les plus absorbants. La vie normale est impossible. On angoisse dans le train, au bureau, chez soi ou même pendant un film au cinéma. Cela joue évidemment sur le moral, le comportement mais surtout, là, on va voir son médecin. Alors au début, on voir le médecin généraliste puis le gynécologue. Et là, on a l’impression de devenir une cobaye (oui, je me fais l’interprète de ma femme…), à avoir des pilules différentes, comme si on allait trouver la molécule miracle qui va tout arrêter. Mais non, ça ne passe pas. Alors on nous prescrit des examens vulvaires et vaginaux qui ne sont pas assez précis pour voir grand chose. Mais le temps passe et on souffre, on n’a plus de vie social, le relationnel se dégrade avec sa famille. On doute de son gynécologue qui d’ailleurs envoie voir un autre spécialiste pour une échographie pelvienne mieux faite que les autres. Alléluia, on a trouvé un polype, un fibrome, on ne sait pas encore. Maintenant qu’on a déjà attendu 3 semaines pour ce rendez-vous, on attend le rendez-vous avec le chirurgien qui va opérer….Et là il propose deux formules : La légère, l’Hysteroscopie opératoire qui enlève cette excroissance dans le vagin et la lourde, l’Hysteroctomie, qui enlève tous les organes génitaux avec la garantie de mois de souffrances physiques autant que pyschologiques. Evidemment on choisit la première formule, même si on nous dit que ça peut revenir….Il y a des femmes chez qui c’est chronique et même de manière héréditaire. Je vous passe l’opération…. car en parallèle, la machine se détraque ailleurs. Et en plus, rien ne dit qu’il n’y a pas un cancer là dessous.

Episode 2 : La stase stercorale

Avec ce stress continuel dû à cette maladie encore diagnostiquée de manière incomplète, les intestins finissent par faire un peu n’importe quoi. Les douleurs laissent place à des diarrhées, même quand on n’a rien mangé. Alors direction un gastro-entérologue qui va immédiatement prescrire une coloscopie. Encore une opération particulièrement agréable qui fait avaler un produit dégueulasse pour vider complètement l’appareil digestif. Evidemment on ne trouve rien mais on nous prescrit des médicaments pour arrêter ces diarrhées à répétition. Et puis un jour, Eureka, on nous fait passer une simple radio des intestins pour découvrir que dans un des noeuds de ces 8 mètres de conduit, il y un problème, une sorte de réserve continuelle de matière qui perturbe tout ça et qu’on a appelé du doux nom de Stase Stercorale, ou fausse diarrhée. Problème : On ne sait pas d’où ça vient si ce n’est que le stress est un facteur aggravant. Alors là on donne des médicaments qui font l’effet inverse. Il faut solidifier les selles mais on ne traite pas le fond du problème non plus. Après des mois et des mois de traitement de toutes sortes, le médecin dit « je ne sais plus quoi faire ». On en voit un autre qui constate….et dit « on va essayer ça, mais après je ne sais plus quoi faire ».

Episode 3 : Un traitement suspect

Voilà, ça fait alors 8 mois après le début des symptômes, deux opérations en ambulatoire, des analyses de toutes sortes, deux fois le groupe sanguin parce qu’on ne sait jamais que le premier laboratoire ne sache pas bosser correctement et … ça continue toujours à ne pas aller. Pourquoi autant de temps? Parce qu’il faut dérouler patiemment des protocoles dictés par je ne sais qui pour économiser je ne sais quoi, et en même temps essayer d’avoir des rendez-vous avec des spécialistes trop peu nombreux, à moins de payer des fortunes qu’on fait rembourser aux mutuelles qui coûtent un bras.

Ah oui, j’ai oublié aussi de parler du médicament miracle d’avant l’hysteroscopie : l’Esmya. Ce petit comprimé qui coûte une fortune à la sécurité sociale, doit arrêter les saignements dû aux fibromes. Oui, ça marche…. au début en tout cas. Et puis on commence à avoir des douleurs dans les jambes, des lourdeurs, à se sentir fatigué. Ce n’est pas un cas à part, nous avons croisé d’autres personnes traitées ainsi et le médicament est encore récent sur le marché. Mais le pire c’est que parfois il fait l’effet inverse et accentue le phénomène. La taille du fibrome aura doublé en un mois au point de surprendre le chirurgien. Enfin, il n’y avait pas de cancer…. Mais nous avons eu droit aussi à une crise urticaire subite durant ce traitement, un dimanche soir en pleine nuit, un truc qui a couvert tout le dos et les bras de démangeaisons, de plaques sans explication. Là encore, toutes les molécules d’antihistaminique  y sont passées pendant 1 semaine avant que ça se calme.

Episode 4 : Les serviettes

Mais je vais arrêter déjà là, car ces opérations et les produits prescrits n’ont pas été sans conséquences. Qui dit règles abondantes dit surconsommation de serviettes et tampons. Petit à petit, ces produits sont devenus insupportables, causant des démangeaisons, des rougeurs au point qu’on a pensé à des mycoses. Et allez, encore des produits, des pommades, des ovules à gogo mais toujours des saignements, et toujours ces merdes dont on ne connaît pas la composition. C’est le scandale sanitaire dont on ne parle pas assez, des trucs infâmes qui détraquent totalement la peau à force d’exposition à des substances chimiques inconnues. Il faut dire aussi qu’on a déjà du mal à montrer la réalité des règles dans les publicités, tout comme le clitoris demeure un tabou…Alors parler de souffrance comme cela, mais non, voyons, c’est mal! Si déjà vous avez du mal avec le contact de plastique sur la peau pendant des heures, avec la transpiration, imaginez maintenant ce genre de choses entre les jambes. Il n’y a peut-être pas beaucoup de morts aujourd’hui mais de la souffrance extrême, si! Heureusement, on trouve des solutions….. Dans le prochain épisode.

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5 réflexions sur « Santé : Règles vol.1 »

  1. Coupe ?
    Sinon faut pas se plaindre, pas d’endométriose !
    Je crois que l’un des soucis qui se rajoute, c’est le paternalisme médical : elle souffr ela dame, comme toutes les dames depuis une éternité, et elle vient se plaindre ?
    Allez hop un petit placébo et elle va se taire…

    Aimé par 1 personne

    1. La coupe, c’est assez compliqué et pas forcément confortable dans certaines circonstances…Mais je finalise la partie 2 en me demandant si je ferai une troisième partie.

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  2. Tu fais un concours avec Cyrille de la femme qui passe le plus d’examens et d’opérations ?
    Quand on en a fini avec les angoisses pédiatriques, c’est notre santé qui part en couille. Pas cool.
    Impatient de lire la suite et les solutions trouvées.

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