BD : Voyage aux îles de la Désolation d’Emmanuel Lepage (2011)

La BD de voyage est un genre bien à part. Ca fait rêver le lecteur et en même temps c’est un travail incroyable, comme si je prenais 1/2 heure à chaque photo que je prends pendant mes voyages.

Les îles de la désolation, ce sont Crozet ou les Kerguelen, des noms qui me fascinent depuis longtemps. Lorsque je collectionnais les timbres, adolescents, il y en avait des bien à part, ceux des TAAF, les terres australes et antarctiques françaises. Si j’ai survolé Saint-Pierre et Miquelon, qui sont à part (pas australes pour le coup), je n’ai que peu de chance de voir une bribe de ces territoires lointains. Ils sont territoires français pour des raisons historiques d’abord. Mais c’est à des vocations scientifiques qu’ils servent aujourd’hui, en espérant que personne ne viendra chercher minerais ou pétrole. Le dessinateur Emmanuel Lepage embarque donc sur le « Marion » pour montrer ce qui se passe sur ces îles mystérieuses qui n’ont rien de Jules Verne.

Dans ce gros volume de plus de 130 pages, il n’y a pas que des dessins faits sur place. Il y a quelques planches en couleur avec de l’aquarelle ou du fusain mais il y a aussi des planches intermédiaires pour raconter l’histoire de cette aventure, pour rencontrer ces hommes et ces femmes, les hivernants, qui passent des mois loin du tumulte du monde. J’avais vu une esquisse de ce monde dans le premier numéro de la Revue dessinée, avec les marins d’eau dure. Mais là, c’est un peu comme si on voyait les coulisses de la marche de l’empereur ou d’expéditions de Cousteau. Le dessin est beau, c’est sûr, mais il y a bien plus qu’un récit de voyage. C’est une véritable aventure et encore, Lepage n’y reste que peu de temps sur place. Il découvre la nature, hostile, les animaux que l’on ne voit que dans les documentaires. Il découvre des histoires d’hommes et de femmes, aussi. Lorsque je suis allé sur l’ile Bonaventure au Québec, je me suis confronté à la réalité par rapport à mes fantasmes sur les fous de Bassan. Il y faisais froid et humide ces jours là mais rien d’insupportable. Ici, j’imagine à peine ce que l’on peut ressentir dans sa chair.

Mission réussie pour cet ouvrage, donc, qui parle d’une terre de la république française que l’on oublie mais qui parle aussi de la marque de l’homme sur ces territoires autrefois vierge. C’est même un des petits plus que l’on n’attend pas de ce récit. C’est du journalisme, effectivement, en plus du dessin et c’est un genre exigeant. Le grand format est impératif pour ce type de récit, pour toucher un peu du doigt ces paysages désolés et pourtant si attirants.

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5 réflexions sur « BD : Voyage aux îles de la Désolation d’Emmanuel Lepage (2011) »

  1. Curieux je suis allé sur le site des Taaf et j’ai lu qu’il y avait des postes à pourvoir 😀
    Je pense que je serais plus attiré par cette BD que par la suite de Metropolis.
    A pluche.

  2. Merci pour la recommandation, Iceman. Je m’étais porté volontaire pour faire mon service militaire sur les Kerguelen … avant d’être réformé. À l’époque, il devait y avoir une équipe de recherche tournée vers l’atmosphère.

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