Cinéma : Parvana de Nora Twomey (2018)

Sous-titré « Une Enfance en Afghanistan », ce film d’animation n’est pas destiné à un jeune public (PG13 aux USA…mais on dira en dessous de 6-10 ans selon le dialogue possible avec les parents). Ce n’est pas une raison pour le bouder !

Il s’agit d’une adaptation du livre de Deborah Ellis, voir de sa série de livres sur Parvana, une jeune fille afghane. L’auteure a eu l’occasion d’aller au Pakistan et en Afghanistan dans les années 90 et relate de manière romancée une histoire vraie d’une jeune fille forcée de se faire passer pour un garçon pour sauver sa famille, alors que Kaboul est sous l’emprise des Talibans. Parvana a un père, ancien professeur, qui est mutilé par la guerre et se retrouve arrêté arbitrairement. Sa soeur Soraya est trop grande pour sortir sans danger. Sa mère est malade et son petit frère encore bébé. Quant à son frère Suleyman, décédé, elle ne connaît pas les raisons de sa disparition. Mais un jour, elle fait la rencontre d’une ancienne camarade de classe qui est déguisée en garçon. La voilà qui découvre Kaboul bien autrement.

L’irlandaise Nora Twomley a réalisé un magnifique travail de mise en image avec son équipe. Alternant le réel et un conte que raconte Parvana a son petit frère, le dessin prend des tonalités évidemment orientales rappelant des illustrations indiennes et de grands classiques de l’animation indépendante. Les scènes décrivant le Kaboul de cette époque sont assez époustouflantes. Le conte rappelle aussi des marionettes. Mais les images sont dures, sans concession sur la violence de la vie. On est immédiatement pris dans cette histoire bouleversante et on se demande si réellement Parvana et sa famille vont pouvoir se sortir de cet enfer.

Car il s’agit bien d’un enfer où il est difficile de savoir à qui faire confiance. Il y a de l’entraide, des rebondissements mais aussi la magie de cette histoire parallèle, ce conte qui s’invente au grès des évènements. A noter que, pour une fois, le doublage est effectué avec un accent, même si c’est un accent perse pour Parvana (Golshifteh Farahani ) et d’autres personnages. La musique est aussi importante, grace à Jeff et Mychael Danna. Tout cela nous donne une franche réussite, difficile à trouver entre les blockbusters et teen-movies de l’été. Une réussite saluée par un prix spécial à Annecy et des nominations aux Oscars et Golden Globe.

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4 réflexions sur « Cinéma : Parvana de Nora Twomey (2018) »

  1. Hello
    Je pense au contraire que le film peut et doit être vu par un jeune public. Les enfants ne grandissent pas dans une coquille. Quand il y a eu les attentats en France, cela a été parlé et discuté jusque dans les salles de classe. Les enfants sont régulièrement confrontés aux actualités. Ils les regardent avec leurs parents, les entendent à la radio quand leur père ou leur mère les conduit à l’école. Alors un dessin animé traitant d’un régime totalitaire qui enferme ses femmes sous un angle sobre, sans non plus monter dans la surenchère de la violence gratuite et le misérabilisme, avec plein de poésie et d’espoir, pourquoi pas ?

    1. Je suis d’accord, j’aurais du préciser en dessous de 6 ans. Dans la salle il y avait un papa et ses deux filles de 10 ou 12 ans et c’etait sans problème

  2. Oh vraiment chouette le père avec ses deux jeunes filles 🙂 J’espère que cela a mené à pleins de discussions entre eux après la séance.

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