Cinéma : I feel good de Delépine et Kervern (2018)

Voilà une comédie dramatique atypique comme seuls Benoît Delépine et Gustave Kervern savent en faire. En parlant d’une communauté Emmaüs avec en tête d’affiche Jean Dujardin, ils sont attendus au tournant…

Evidemment, il faut aimer ce type d’humour qui n’est pas celui de leur Groland, mais il évolue aussi par rapport à un des films précédents, le très bon Mammuth. On retrouve pourtant un esprit Road Movie, une galerie de losers… Ici c’est Jacques, l’ambitieux raté, qui débarque en peignoir à la recherche de sa soeur Monique qui s’occupe d’une communauté Emmaüs près de Pau. On découvre le personnage, admirateur forcené des grands capitalistes qui cherche l’idée du siècle. Il la trouve : Créer une affaire de chirurgie esthétique lowcost… Mais on découvre vite que c’est un baratineur, fainéant qui a coupé les ponts avec ses parents, laissant sa soeur en dépression.

Jacques, c’est Dujardin, dans un personnage proche de ses OSS117 et Brice de Nice pour le côté séducteur insupportable. Il est égoïste, méchant et pourtant on se dit qu’il va réagir dans le bon sens. Monique, c’est Yolande Moreau, toujours aussi impeccable dans ce rôle d’une femme brisée par la vie mais qui a trouvé dans cette communauté l’amitié et le soutien. Le reste du casting est constitué d’habitués du duo de réalisateurs. Toute cette galerie montre un mauvais goût assumé, même le « copain d’enfance » riche de Jacques et sa mémorable scène de la piscine.

Car un film de Delépine et Kervern, c’est un enchaînement de plan-séquences souvent cultes. Il y a malheureusement quelques longueurs inutiles en milieu de film sur certaines d’entre elles et on peut perdre le fil de l’histoire en croyant à une simple comédie. Ce n’est pas non plus la comédie « feel good », justement, mais un film qui ne néglige pas le fond, toujours politique sur capitalisme ou communisme. Et puis il y a les apparences. Ce n’est certainement pas le film dégoulinant de bons sentiment comme on en voit trop souvent. Delépine et Kervern nous emmènent bien où ils veulent, à l’image de Jacques avec ses « clients ». Je dirais même qu’ils se bonifient avec le temps. C’est le genre de film qui a bien des défauts mais qui demeure attachant. Il ne plaira pas à tout le monde, ne fera pas tomber tous les à-priori mais il m’a bien plu à moi et quelques autres. C’est déjà ça.

Et puis il y a Mouss et Hakim (ex Zebda) en bande son…

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2 réflexions sur « Cinéma : I feel good de Delépine et Kervern (2018) »

  1. Yolande Moreau j’aime bien mais Dujardin a du mal à passer depuis la planche de surf jaune, ce dimanche je suis allé voir « Photo de famille » avec Bacri, une sorte de drame de famille dans l’ordre du temps, c’est triste parce que cela ressemble trop à la vie d’aujourd’hui.
    A pluche.

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