Blog : L’œuf ou l’automobiliste

En ce samedi de grogne autour du prix du carburant (si ce n’était que ça?!), je me disais qu’un petit article serait le bienvenu. Car autant les bonnets rouges n’avaient pas bien compris l’urgence de l’écotaxe (une bonne idée devenue une usine à gaz à force de clientélisme), autant automobilistes et gouvernement semblent jouer à un jeu stupide. Comme l’oeuf ou la poule, on ne sait qui est le vrai responsable de cette situation. Mais il faut aussi voir le fond du problème et un peu plus loin que le coût du Diesel.

J’aime revenir dans les années 50 et comparer les développement des villes et des transports dans les pays européens, jusqu’à nos jours. Le diesel ne réalisait aucune vente en voitures personnelles alors et la guerre avait détruit bien des grandes cités. En France, on détruisait le paysage campagnard dans un grand remembrement, tout en fermant les lignes de tramways, en construisant un réseau d’autoroute et de chemin de fer centralisé sur Paris. L’Allemagne était dans un nouveau fédéralisme qui laissait les länders un peu plus décisionnaires de la physionomie du transport (comparez Le Havre, rasé après la guerre et d’autres villes comparables en Allemagne). Mais on garda les ossatures des tramways, trolley-bus et même pistes cyclables, quand l’automobile était encore chère. Si le fluvial et le maritime étaient conservés ailleurs, le routier était la priorité pour notre pays, situé dans le carrefour de cette nouvelle Europe occidentale. Et puis nous avons quasi inventé les supermarchés, les hypermarchés (les Belges ont été les pionniers), pas forcément la copie de ce qui se faisait aux USA avec les malls. On a vidé les centre-villes de pas mal de commerces pour privilégier ces gros ensembles dans les périphéries des villes. Dans les années 80, on a abandonné ces grands immeubles verticaux pour de grandes banlieues pavillonnaires de plus en plus lointaines. Avec un réseau de transport en étoile, impossible d’aller parfois dans la ville voisine sans faire un large détour par la grande métropole la plus proche. Dans les années 90-2000 on a tout cassé pour mettre des tramways à nouveau mais toujours en continuant ces erreurs d’aménagements puisque les Hypermarchés ont continué à proliférer. Pourtant dans l’Allemagne tout proche, pas de grands hypermarchés mais des moyennes surfaces, des commerces de quartier, ou sinon du « Low Cost » et du gros mais là aussi les Real, Globus ont conquis certaines régions. Les anglais suivaient aussi un modèle entre USA et France mais la voiture avait investi les villes qui se mettaient à les chasser par tous les moyens, créant de ce fait des embouteillages donc encore plus de pollution. Et aujourd’hui on retrouve même les péages urbains moyenâgeux et on fait contourner les centres dans de larges périphériques bondés qui accumulent la pollution que le vent sème finalement ailleurs. (16% de la pollution en moyenne). Pas assez de parkings et de transports en commun efficaces non plus pour être une alternative. Aux dernières nouvelles, 49% des français utilisent la voiture tous les jours (en baisse)

En Orange les hypers de la région parisienne !

Au problème de philosophie de vie (on fait des courses pour la semaine/le mois au lieu de faire de petites courses plus régulièrement à proximité), s’ajouta aussi la disparition et la concentration des services. Les crises boursières ont accéléré les désengagements de l’état, la concentration des services dans les grandes villes. En France on ferme les petits hopitaux locaux pour des grands régionaux, on détruit les bureaux de sécurité sociale, de poste, les tribunaux. Les médecins se font rares alors que même les boulangeries disparaissent. Dans ces banlieues, il n’y a parfois plus que la grande surface pour faire ses courses. A mon boulot, la ville n’a plus de commerces au centre et deux supermarchés à chaque extrémité avec quelques ilots tentant de survivre tant bien que mal. Je dois faire plus de 10 km pour impôts ou sécurité sociale. Ma poste n’a plus que deux guichets toujours bondés et ma banque pense à les supprimer. Pour les démarches d’état-civil et d’immatriculation, c’est soit loin, soit long car en plus nous ne savons pas « numériser » avec efficacité. Dans la Normandie que je connais depuis longtemps, le centre se vide de tout et il n’y a que 2 ou trois bus par jour (pour les enfants des écoles), plus de trains. Si tu veux faire tes courses en bus, tu le prends à 8h, tu attends l’ouverture des commerces puis tu attends 12h pour le retour. La voiture devient obligatoire mais l’électrique n’est encore qu’un doux rêve puisqu’il n’y a pas de station de recharge à moins de 30km, sachant que tout le monde n’a pas de garage avec une prise au standard Greenup ou une wall box.

Toujours le stupide réseau en étoile !

Taxer le diesel et pousser vers l’électrique est aujourd’hui une lubie de plus dans le tout automobile. L’électrique reste peu utile dans les grandes villes puisque la voiture n’est pas la bienvenue de toute manière et on a tout sur place. Quand j’étais parisien, je ne l’utilisais pas et si les transports en commun et taxis étaient accessibles et moins onéreux, ça pourrait être du zéro voiture. Aujourd’hui on continue à voir des bus inaccessibles aux fauteuils roulants, poussettes avec l’aval de la région, etc… Je vous ai déjà parlé des problèmes pour passer les bagages sur les lignes de RER et métro reliant les aéroports parisiens. On fait n’importe quoi et quand je vois des pays comparables (ok, pas l’Angleterre…) offrir mieux, qu’on ne me dise pas que c’est trop cher, infaisable techniquement. Mais s’il y a 8 ans je clamais que le diesel n’avait rien à faire en ville, c’était pour des raisons techniques d’abord, que personne ne voulait entendre. Déjà on parlait de convergence du prix des carburants, pourtant, et la prévision d’une essence à 2€ faisait scandale. Mais il faut que je vous révèle la prochaine arnaque,en avant première de mon futur article : Les batteries baissent de capacité si on abuse des charges rapides (50kW), comme pour votre téléphone. Si vous comptez partir en vacances avec une voiture électrique, si un jour vous pouvez recharger avec tout le monde sur l’aire d’autoroute, on vous facturera non pas ce que vous consommez mais au temps branché sur la borne (source Izivia, filliale d’EDF). La charge est parfois bridée sur un véhicule, pour des raisons de chauffe et coût, à 22kW quand les bornes low cost sont à 3,7kW. Pour recharger un même véhicule de 41Kwh de capacité, il peut vous en coûter de 7 à 22 euros… pour faire 300km. Donc pour rentabiliser ça, c’est déjà un peu plus cher que prévu et vérifiez bien la capacité du chargeur. La raison de cela est simple : Eviter les voitures ventouses aux bornes (le civisme, toujours…). Bilan, la voiture électrique, ce sera la seconde voiture pour les ménages aisés, pas la voiture principale… oups, mais alors ça sera quoi ?

Fantastique réseau de bornes de recharge, quand elles sont fonctionnelles et accessibles

La réalité c’est que l’aménagement du territoire va à l’inverse du besoin mais que nos habitudes aussi vont à l’inverse de ce qu’il faut. J’ai un collègue qui doit faire 100km par jour suite à la fermeture de son usine et sa mutation. Son centre ville est trop éloigné et n’a pas assez de choix. Il va donc dans les hypermarchés (se souvenir que Carrefour ferme des « city marchés » mais continue d’avoir des hyper pour de la spéculation immobilière), celui qui est le plus près en revenant le soir. Étant près d’un aéroport, son logement est peu cher mais il ne peut déménager plus près à cause des prix élevés là où il aimerait aller … et du travail de sa femme. A plus de 50 ans, difficile de trouver dans un pays qui considère l’âge comme une tare. Il a un diesel ce qui est logique pour son trajet par des voies rapides où son moteur a le temps d’être efficace. Au moins, contrairement à trop de français qui achetaient sans savoir, il a calculé le coût d’achat et d’utilisation. D’ailleurs ses enfants profitaient de la deuxième petite voiture, essence. Mais il va peu à Paris et par les transports, ce qui est long, en attendant la modification du réseau. Il pourrait être un client de l’électrique pour des modèles à venir (300km d’autonomie) sauf que …

 Le bilan énergétique de ces véhicules n’est pas encore si extraordinaire (pour faire simple, malgré le bonus de 6000 Euros, il y a peu de chance que vous rentabilisiez l’achat avant 7 ans, sachant que les batteries sont garanties 7 à 8 ans mais qu’il y a un mouchard capable de compter le nombre de recharges rapides…). Je sais que les français ont acheté souvent sans calculer la vraie rentabilité des modèles diesels et voient le coût d’entretien et le carburant augmenter (ce qui, je le répète, était prévisible). Je ne sais pas qui les a incité à cette monoculture mais il faut savoir aussi avoir de la jugeote (le véhicule Diesel était toujours plus cher à l’achat). Par contre les primes basées sur le CO2 sont toujours une incitation au diesel… cherchez l’erreur qui continue encore avec cette vignette crit’air débile. Les moteurs essence actuels vont poser les même problèmes de particules fines puisque utilisant les mêmes technologies et puis ils seront interdits aussi en 2040. Les moteurs hybrides (rechargeables ou non) ne font plus l’objet d’aide depuis cette année alors qu’ils sont la seule transition crédible en attendant de repenser le reste. L’électrique déplace seulement la pollution hors des villes (production des batteries et de l’électricité) et l’avantage va de un quart à l’égalité en CO2 selon les sources d’approvisionnement (en France on tablera sur le quart). Comme pour le pétrole et les téléphones portables, nous aurons des conflits meurtriers pour ces nouvelles matières premières, de la spéculation. Si lors de mon achat il y a 13 ans j’avais prévu un renchérissement du diesel, un rapprochement du prix de l’essence, tel n’est pas le cas de tout le monde. Aujourd’hui prévoyez une augmentation rapide du prix de l’électricité, une taxation prévisible des bornes de recharge (Linky saura faire la différence) et donc une perte de pouvoir d’achat dans 5 à 10 ans sur ce poste là. Les efforts de rendement des moteurs électriques et densité de batterie ne seront pas suffisants. De toute façon, avec un prix d’achat trop important, il faudra faire une croix sur notre utilisation actuelle, même en s’endettant par les LOA qui nous rendent esclaves des marques, LOA qui sont aussi un danger pour le milieu boursier. On peut donner toutes les primes actuelles et futures à quelqu’un qui a du mal à joindre les deux bouts avec le SMIC et qui a pris une vieille occasion en se saignant, il n’ira pas acheter une occasion éligible car toujours trop cher. Surtout que ces primes favorisent la spéculation et la surcôte au final. 

Le type de bus qui circule chez moi… inaccessible aux handicapés

Je finalise un article sur le coût réel des véhicules aujourd’hui avec un nouvel état de l’art sur l’électrique et je suis peu confiant car là encore on vend du rêve à des gens qui ne calculent pas ce que ça leur coûtera réellement. Si en plus on ajoute la mode du SUV, il y’a tout lieu de penser que l’automobiliste est bien un peu coupable de ce qui lui arrive (bonne nouvelle les ventes de ces anachronismes baissent depuis 2 mois). Mais en plus nos centrales ne pourront absorber la charge avec, d’autre part, de plus en plus de climatisations à cause du réchauffement, des consommations plus importantes pour tous nos petits gadgets et données et forcément une recharge qui interviendra en majorité au retour du travail. Ah si seulement les taxes allaient où il fallait. Les vieux n’ont jamais vu un centime de la vignette automobile (un temps que les moins de vingt ans….). L’écotaxe auraient été redistribuée ailleurs. La taxe sur le carburant ira ailleurs aussi. Si je milite pour la taxation des gros hypermarchés, il faudrait avoir la certitude que cet argent viendrait aider l’installation de services et de commerces de proximité, pas la vente de nos centre-villes à des H&M, Zara, Celio… Mais il faudrait revoir les petits commerces de quartier avoir des emplacements corrects. Dans le quartier de mon enfance, il ne reste plus que deux boulangeries, un marché hebdomadaire indigent. Plus de librairie papeterie, plus d’épicerie, plus de boucherie, plus de primeur. Et comme c’est à flanc de coteaux, je vous laisse imaginer comment font les personnes les plus âgées. De là aussi le fait que de plus en plus de personnes vont en maisons de retraite, pardon Mouroirs car c’est souvent une honte de voir le manque de personnels avec les tarifs pratiqués (les bénéfices allant dans de grands groupes aujourd’hui). Mes parents y vivent encore mais un jour, ils ne pourront plus faire leurs courses et je ne les vois pas se faire livrer à domicile par ses esclaves que deviennent les livreurs. J’ai la chance d’être dans une petite ville parfaitement desservie en tout mais ça se paye indirectement et surtout par l’immobilier. Et il va falloir réfléchir autrement cette transition. Ok, mettre des service, des transports en commun, ça fait perdre de l’argent. Mais soigner les gens pour des pathologies lourdes à cause de la pollution, de la malnutrition, du stress des transports, du mal logement, ça en fait perdre aussi. Or tout est lié. Là, l’automobiliste n’y est strictement pour rien.

Si j’ai toujours été contre les « cars macron », c’est parce que là aussi ça favorise une concentration des transports et pas une amélioration durable. On supprime du train, moyen plus écologique, plus pratique pour des bus polluants, mal entretenus (cf les expériences de Romain) qui sont en plus l’objet d’un dumping. Dans 5 ans, il n’y aura plus que 2 compagnies et les lignes les plus rentables à ce rythme de guerre commerciale, avec la disparition des compagnies de car sur lesquelles s’appuient ces groupes, donc de la disparition d’emploi. Je parlais du Canada avec Romain, mais si les compagnies québecoises sont fiables et confortables, c’est quand même assez cher, il n’y a plus de train correct et le réseau est moins dense compte tenu de la répartition de population. Sans parler du risque de dégradation avec des compagnies qui arrivent pour casser les prix. C’est là que redonner du poids aux départements et communes est intéressant, si on donne aussi des moyens et pas des diminutions d’impôts en trompe-l’œil (je déshabille pierre pour habiller Paul). Il faut ajouter que la baisse du pouvoir d’achat pousse à acheter du « low-cost », donc de la marchandise qui vient de loin, transite par camions donc détruit plus les routes, rajoute de la pollution. Comme on a supprimé l’écotaxe (dont je doute que le gain aurait été à l’entretien des routes et à l’écologie…) et comme on ne fait toujours pas de ferroutage, rien ne change, au contraire. Et comme on prend chaque sujet séparément, il n’y a aucun résultat. On veut rentabiliser la SNCF, le transport en Ile de France, on privatise les auto-routes, on empêche le bon entretien des routes, on déplace et centralise les services, on autorise encore des grands centre-commerciaux de plus en plus loin et tout cela dans l’incohérence totale. Il serait temps de dire stop à ce développement anarchique et d’accepter un temps de perdre de l’argent pour remettre de la cohérence.

Ca veut dire que dans tout ça, si l’automobiliste et le citoyen, coupables désignés, doivent changer de comportement et d’habitudes, il faut d’abord qu’ils puissent comprendre où l’on va. Pour l’instant on leur dit encore qu’ils auront besoin tous les jours de leur voiture mais qu’ils ne pourront même plus se la payer. Alors la grogne, qu’elle soit récupérée par des néo-poujadistes, est plutôt légitime et ne s’arrête pas au prix du Diesel comme une certaine presse complice le fait croire. Je n’ai pas vu l’ombre d’un soubresaut d’aménagement du territoire de la part de tous les gouvernements passés. D’autant que si les taxes augmentent sous prétexte d’écologie, le budget du ministère de la transition associée diminue toujours (- 400 Millions selon le Canard Enchaîné). Et puis l’industrie automobile se réinvente en pensant service plutôt que production mais attend aussi que les habitudes changent. On est toujours au point mort. L’industrie de la logistique n’est elle pas du tout au niveau des enjeux et ne sait pas non plus quoi faire quand on voit des politiques d’urbanisme complètement hétérogènes. L’industrie de l’énergie est en retard avec un coût du nucléaire qui va exploser dans les 20 ans à venir… donc l’électricité qui sert à recharger les voitures.

Dans tout ça, l’automobiliste manifeste pour rien puisqu’on lui répond que le Président a toujours raison (traduction en langage Bibi : « fallait pas m’élire, na na nère » ). Le gouvernement fait des moulinets et des postures pour la communication. Et tout le monde se regarde en attendant de couler. Car n’oublions pas que la planète ne mobilise personne (à peine 15000 en France) quand la mort de Johnny ou une victoire dans le foot font descendre dans la rue, quand nos propres intérêts, même disparates et contradictoires font parfois mieux. Comme pour ceux qui trinquent aujourd’hui avec les inondations, typhons, il faut s’attendre à des victimes de cette nouvelle inégalité. Je repense à mes grands parents qui allaient faire des kilomètres à pied/vélo pour l’école ou le travail. Préparons nous à ce retour en arrière. C’est peut-être le vrai sens de la France en Marche ? En tout cas, si toutes les victimes d’inégalités dans ce pays mettaient un gilet jaune, on verrait la France de loin.

Lire aussi : L’article de ma consoeur…

qui saura me trouver 10 modèles de voiture apparaissant dans le clip?

12 réflexions sur « Blog : L’œuf ou l’automobiliste »

  1. Belle analyse. Je n’avais jamais pensé à cela sous l’angle de l’aménagement du territoire. Que du bon sens.
    Merci.

  2. Bravo pour cette vision des choses, quand tu dis « Préparons nous à ce retour en arrière » tu penses que nous devrions remettre en état la machine de « Guillotin » ?
    A pluche.

  3. Toujours très intéressant de te lire. Triste mais intéressant.
    Je suis désemparé face à ce problème de l’automobile. J’entends que le diesel est mauvais, surtout en ville. Mais, à lire certains articles, l’essence ne vaut guère mieux. Et l’électrique pas d’avantage. On déplace simplement la pollution et le type de pollution. Par conséquent, que choisir?
    Que choisir qui soit le mieux pour l’environnement, en fonctions de mes impératifs (pas de mes envies)? Que choisir qui soit le mieux pour mon porte-monnaie? Que choisir qui « plaise » au gouvernement et qui ne risque pas de me revenir dans la figure dans quelques années?
    Et encore, je ne suis pas à plaindre, j’ai les moyens d’avoir pu acheter un modèle d’occasion mais récent qui ne consomme pas trop et, à priori, pollue moins. Même si je me retrouve avec une motorisation bien trop puissante pour mes besoins. Est-ce un mal ou un bien, je ne suis assez calé pour le dire.

    Anecdote en passant : l’autre jour, je me suis fait doubler par un « gilet jaune » qui allait largement au dessus de la vitesse autorisée. Je me suis fait la réflexion que, s’il respectait déjà les limitations, il consommerait moins.
    C’est juste pour souligner la contradiction. Moi-même, je dois en avoir plein même si j’essaie de faire au mieux.

    1. Vaste sujet qui dépend évidemment de chacun, Gilles. Parfois je me dis que l’électrique d’occasion pourra se révéler intéressant mais à mon niveau de connaissance du sujet, les SAV sont loin d’être prêts. Une transition vers l’hybride rechargeable d’abord? Il y a quelques affaires possibles sur de la prius 3 plugin mais c’est hyper rare donc ça va monter en côte.les autres marquent ne sont pas présentes en occasion

      Une chose est sûre, il va falloir être plus flexible, profiter de la proximité de commerces dans sa journée pour étaler ses activités, par exemple..

      Je prédis une augmentation du prix de l’électricité dans 10 ans. Et puis peut être qu’on arrivera à faire de l’hydrogène correctement dans 15 ans, allier du solaire avec un bon rendement. Acheter neuf aujourd’hui, c’est très aléatoire. Et louer ponctuellement, ce n’est pas encore suffisamment souple (j’ai testé quelques plateformes). Ca va venir mais là, nous avons 10 ans de transformation de fond à subir, minimum. Donc autant prendre durable, fiable, ne pas se ruiner, se garder des portes de sorties, des alternatives. (J’ai déjà calculé le prix du pack batterie de mon hybride de 13 ans au cas où, sachant que malgré son age, elle fait bien moins de CO2, de particules que beaucoup de véhicules neufs et étant crit’air 2 pour moins de 10000 euros de côte.)

  4. Un excellent billet. J’aime beaucoup le rappel historique qui fait bien comprendre que depuis 50 ans le pays attends patiemment que quelque chose se produise par magie, que des solutions urbanistiques tombent du ciel. Alors comme on aime pas prendre trop de risques puisque chez nous la moindre erreur et c’est terminé, on bricole des rustines abstraites et on y fait beaucoup d’agitation médiatique et politique en bout de ligne pour en démontrer l'(in)utilité qui s’en suit 6 mois après.
    Tant qu’on aura à coeur de rester un pays où le moindre inconfort ressenti doit sans aucune autre forme de procès se solutionner par une aide publique attendue par une majorité de gens, alors on continuera à diviser les classes sociales, car on a pas encore envisagé le fait que chacun pouvait finalement donner en fonction de ses moyens.
    Depuis l’intercommunalisation à marche forcée des années 2000-2010, les départements croulent avec les aides sociales et les routes à rénover. Les communes, elles ont l’obligation de se regrouper puisque les services publics nécessaires n’existent plus dans les territoires isolés, mais que comme il faut quand même assurer un minimum la collecte des déchets, le transport scolaire et justifier une taxe majorée pour le coup, alors on bricole des trucs, même si c’est pas terrible.
    C’est pour ça que quand j’entends parler d’innovation, d’intelligence artificielle, d’algorithme, de data connerie ou de start up qui invente des licornes, je rigole bien au fond, ces gens là vivent H24 sous ecsta, c’est Disneyland dans leur tête. Là un simple gilet jaune ouvre une fenêtre sur une partie de la France qui n’est pas la plus en difficulté mais qui n’est pas la moins à plaindre pour autant, une France modeste mais qui tend à rejoindre la précarité à grandes enjambées. La solution, la mienne à mon sens, ne se trouve pas dans l’invention de nouveaux moyens de faire 100 kil pour aller bosser à l’usine ou faire de l’aide à domicile, mais bien de réimplanter les services de proximité que les gens n’auraient pas dû laisser s’évaporer « parce qu’on savait pas quoi faire ».

  5. En Centre Bretagne, nous avions un réseau ferré et de canaux. Le premier a été transformé en la fameuse « voie verte ». Idéale pour se balader… à pied 🙂 Le second n’est plus utilisé depuis les années 60. Le bon sens n’a plus sa place en bas-monde pour nos décisionnaires…

    Quand ma grand-mère me raconte qu’elle utilisait le réseau ferré pour se rendre d’une commune à l’autre, j’ai l’impression que c’était il y a deux siècles de cela ! 😀

    Dans ma région, sans permis B et véhicule, inutile d’espérer y vivre !

    Fort heureusement, il y a des actions collectives pertinentes qui persévèrent chez moi et ça, ça me laisse espérer encore un peu de bon sens 🙂

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