BD : Les Dingodossiers de Goscinny et Gotlib (1967)

C’est un Indispensable dans un rayon BD pour moi. Et pourtant, il faut bien avouer que cela ne touchera pas tout le monde, car le temps a fait son oeuvre…

Les recueils et intégrale reprennent les planches parues dans Pilote sous la plume du duo Goscinny (scénario) et Gotlib (dessin). Le premier est connu pour Asterix et bien d’autres héros, le second pour Fluide glacial et des héros moins consensuels. Mais ils partageaient une même forme d’humour et ça se retrouve dans ces Dingodossiers.

Le truc était de donner une apparence de sérieux, d’enquête, d’analyse mais de partir dans des délires. Ainsi le volume 1 commence-t-il avec l’enfance, l’opposition entre adultes et enfants et ça vaut le détour. Le problème est que pour un lecteur d’aujourd’hui, le vocabulaire employé fait aussi daté que l’utilisation de la radio et de la télévision. Alors cela n’a plus la même lecture qu’aujourd’hui et c’est un véritable portrait satyrique de l’époque qui se déroule devant nos yeux. Nous y voyons alors l’enseignement, le rôle des parents, le monde du travail, la place de la femme et tout cela dans un humour acide et souvent irrévérencieux. Rien que le premier tome qui comprend près de 100 pages est un must.

Dans le volume 3 et sur la fin de cette rubrique, Gotlib prendra en main la partie scénario et on peut y voir peu à peu ce changement de style. Avec un humour aussi marqué par un époque, c’est forcément très générationnel et j’ai regardé des avis de personnes plus jeunes. Sans surprise, elles ne comprennent pas tout car n’ayant pas la « culture » de cette époque. Alors l’humour peut tomber à plat ou paraître moins trash que ce que l’on fait/faisait plus récemment. Reste que ces volumes sont une page d’histoire de la BD et que c’est bien pour cela qu’ils sont indispensables dans toute BDThèque. Sans ces dingodossiers, il n’y aurait pas eu tout un pan de la BD d’humour français des années 80-90. Ils ont montré le chemin dans leurs chroniques de la société à bien d’autres, et je me souviens de l’hommage de Zep, par exemple. Surtout que la technique de Gotlib était aussi remarquable et on a tendance à l’oublier.

3 réflexions sur « BD : Les Dingodossiers de Goscinny et Gotlib (1967) »

  1. Mon père m’en parle souvent des Dingodossier, c’est vrai que ça fait partie du patrimoine de la BD, on ne fait plus d’histoires comme autrefois on en trouvait du temps de Pif, des Castors Juniors, de Dicentim le Petit Francs etc.
    Tien pas j’ai lu le dernier Lucky Luke sorti en novembre, bah l’histoire est d’une banalité sans précédent, rien à voir avec le pan historique narré autrefois par Morris qui avait en amont un gros travail de documentation…

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