BD : De l’autre côté de Simon Schwartz (2011)

Que je le veuille ou non, le Mur de Berlin fait partie de ma vie. J’ai connu l’avant chute et l’après, vu l’exode et rencontré ceux qui venaient de l’autre côté. Simon Schwartz est de ceux-là.

Voilà pourquoi son ouvrage m’a passionné. Né en Allemagne de l’est, le petit Simon se demande un peu plus tard, alors qu’il vit à l’ouest, pourquoi il ne voit jamais ses grands parents paternels. De là naît ce désir de raconter son histoire familiale, celle d’une famille séparée par un mur mais aussi par une idéologie. Tous sont nés à l’époque de la RDA, l’Allemagne de l’est. Mais si les parents de son père étaient pro-régime, les parents de sa mère étaient des opposants. Tout a basculé le jour où, profitant d’une mesure de « fraternité », son père a demandé a passer à l’ouest.

Simon Schwartz nous dit tout de l’histoire familiale. Les Schwartz étaient juifs et victimes du nazisme. De là vient aussi ce désir de croire que l’Allemagne de l’est est enfin cette utopie de fraternité qui lutte contre le fascisme. Le père de Simon croit en la liberté, la fraternité des peuples et est même un grand partisan du régime. Mais en vieillissant, il s’aperçoit que tout ça n’est qu’une façade. Si on parle peu de 1956 en Hongrie ou du Printemps de Prague, on parle de l’invasion de l’Afghanistan en 1980. C’est le déclencheur de sa rébellion.

Le petit Simon vient de naître et raconte tout cela à posteriori, à travers les récits de ses parents. C’est avec des planches de 4 cases très rigides qu’il le fait. Le style emprunte un peu aux comics américains indépendants dans le dessin avec du noir et blanc très marqué. On pourrait presque trouver, alors qu’il n’a pas connu cela, un style proche des affiches de propagandes de l’époque. Sur cette base de récit simple, avec un dessin allant droit au but, l’auteur nous donne une histoire poignante, un témoignage de cette époque que l’on connaît finalement peu. On parle de la Stasi, de l’espionnage et de la tension qui règne dans la société est-allemande. Cela donne évidemment à réfléchir à d’autres régimes similaires qui persistent ou se réinventent de nos jours. Car ici, ce n’est pas de la fiction.

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4 réflexions sur « BD : De l’autre côté de Simon Schwartz (2011) »

  1. Ayant passé une petite année à Berlin c’est sans doute une petite BD que je pourrais lire, j’ai quelques souvenirs qui sont encore dans ma mémoire quand il y avait encore le mur, et la prison de Spandau où j’ai pu apercevoir Rudolf Hess de loin.
    A pluche.

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