BD : Le Club des Divorcés de Kazuo Kamimura (1971)

Ce manga des années 70 est un classique peut-être méconnu. Pas de yakuzas, de fantastique mais la réalité du Japon de cette époque. Edité dans deux lourds volumes de 500 pages, cette oeuvre est l’occasion de parler de la place de la femme et des divorcées dans ce pays.

Si l’auteur nous raconte l’histoire de ce club d’hôtesses, une spécialité asiatique et surtout japonaise, à travers son héroïne « mama » Yuko, il parle surtout du divorce, de ce drame pour les femmes japonaises et du regarde de la société sur elles. Yuko n’a que 25 ans, une fille de 3 ans et est déjà divorcée. Ancienne hôtesse, elle a fondé un club, le club des divorcés…Qui ne vise pourtant pas les hommes divorcés mais réunit des femmes séparées, seules, des âmes solitaires. Il y a aussi le barman, Ken, jeune homme découvrant la vie mais qui semble pourtant déjà blessé comme ses collègues. En pleine crise, le club est confronté à des difficultés économiques, alors même que la petite fille de Yuko ne comprend pas le divorce de ses parents.

Chaque volume/chapitre est l’objet d’une histoire, souvent triste, pleine de poésie mais qui montre la dureté de la vie de ces femmes. Souvent elles sont confrontées aux critiques des autres femmes, celles qui sont mariées, ont une vie « normale », s’habille sobrement, effacées et cantonnées à la maison. Et parfois les maris de ces femmes fréquentent justement les clubs. Le dessin est précis, fin, hyperdétaillé comme les mangas de l’époque sont coûtumiers. Et il y a des planches vraiment époustouflantes de force, avec une économie de traits pour en montrer la solitude, le drame. Les hôtesses sont vues comme des héritières des Geishas, ces dames de compagnie qui disparurent dans le japon moderne. Il y a cette ambiguïté autour du sexe qui se ressent à travers les réactions de la société. 

Pour ceux qui se passionnent pour le Japon, c’est un must. Pour ceux qui veulent comprendre l’évolution du féminisme ailleurs dans le monde, c’est aussi une très bonne lecture. Car au fond, ces femmes partent à la conquête de leur indépendance mais le paient chèrement. Une oeuvre forte, émouvante et passionnante.

3 réflexions sur « BD : Le Club des Divorcés de Kazuo Kamimura (1971) »

  1. Je ne suis pas passionné par le Japon et puis en ce moment c’est Ghosn qui tient le devant de l’affiche là bas.
    Et puis une BD de presque 1000 pages ce n’est pas ma tasse de thé 😉
    A pluche.

    1. ce sont des petites pages… et puis Ghosn, on fait un peu trop d’intox là dessus par rapport à la réalité du pays. Les vieux japonais s’en foutent du dictateur bresilo-libanais. Pas une photo sur les principaux sites des journaux japonais.

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