Littérature : Les Faucons de Raverra 1 – La Sorcière Captive de Melissa Caruso (2018)

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu d’Heroic Fantasy et je suis tombé un peu par hasard sur cette nouvelle série (2ème tome à paraître en Septembre 2019 en français). Déjà, c’est écrit par une femme et quelque part, ça change tout dans ce type d’univers souvent très (trop) testostéroné.

Entre la Saga des Conan de Robert Howard, l’univers de Tolkien, ceux de Moorcock, et quelques autres, j’avais pas mal donné par le passé dans ce type d’écriture. Il faut rajouter aussi toutes les BD… Et chacun a ses particularités, l’essentiel étant de créer tout un univers cohérent et qui ne sombre pas dans le cliché ou la recopie. On a parfois l’impression que tout a été dit ou fait dans le domaine. Je suis sans doute un des rares à ne pas m’extasier sur Game of Thrones que je trouve Kitsch (dans sa série) et réchauffé (du moins quand on a goutté aux intrigues de royaumes et châteaux…), malgré ses apports. Pour le côté féminin du genre, mon dernier souvenir est à chercher dans le Cycle de Pern d’Anne McCaffrey, ce qui ne nous rajeunit pas. Et curieusement, j’ai accroché ici à un univers qui ne fait pas appel à tous les poncifs du genre (dragon, donjon, monstres, ….). Pourtant, l’approche est similaire à celle de George R.R. Martin, c’est à dire mêler des intrigues historiques (pour lui, l’Angleterre et la France du moyen age) à un univers bien différent de la réalité, avec magie, sorcellerie, ….

La jeune auteure américaine nous emmène donc dans un monde, celui de Raverra, un empire qui domine d’autres territoires à l’aide de ses « faucons », des mages gardés captifs et entraînés par des fauconniers. Raverra est dirigé par un doge et un conseil des neufs, des familles aristocratiques de la cité en fait. Et là, vous voyez que cela nous emmène dans une sorte de Venise ou d’Italie de la renaissance et de la fin du moyen-age, celle des grandes villes italiennes dominées par des seigneuries et qui se disputèrent la péninsule. Ici, il faut élargir un peu plus à l’Europe car à travers les autres royaumes, on voit poindre des inspirations nordiques, saxones, ….Et si le coeur du récit est dans l’utilisation de ces faucons, Melissa Caruso a construit au fil de l’histoire tout un système de magie qui dirige finalement ce monde.

Il n’y a pas de monstres mais uniquement des mages, des alchimistes, des vivomanciens (ceux qui commandes au vivant), etc… Chaque royaume a un système de gouvernance qui lui est propre et c’est dans un jeu d’intrigue qu’elle nous entraîne dans le sillage de son héroïne, Amalia Cornaro, l’héritière de la grande famille Cornaro. Promise à une brillant avenir, la jeune femme se retrouve par hasard à devenir la fauconnière de Zaira, une mage de feu qui a échappé à toute détection. Le charme de cette trilogie (elle nous promet d’autres trilogies dans cet univers) tient à cet univers et à ces intrigues. Il n’y a que peu de combats et ça se suit comme une bonne… série. Chaque chapitre apporte son lot de rebondissements. Il y a également les amours de notre héroïne, ce qui ne manquera pas de choquer les plus puristes du genre qui veulent avant tout de la magie et du sang. Le style est moderne même si la traduction m’a surpris quelquefois. Ca se lit bien et on en redemande, ce qui est quand même l’essentiel. Mon petit jeu à moi est de trouver les sources d’inspiration de l’auteur, les liens avec l’histoire, l’étymologie. Oui, … je suis un peu tordu. A y réfléchir, ce n’est pas forcément original dans le fond mais je trouve un charme fou à cet univers, qui me rappelle aussi ma nouvelle(PDF), … en bien mieux évidemment.

J’attends donc avec impatience les développement du tome 2 et 3 qui sont sortis depuis longtemps aux USA… enfin un an, quoi.

1 réflexion sur « Littérature : Les Faucons de Raverra 1 – La Sorcière Captive de Melissa Caruso (2018) »

  1. Ba Robin Hobb est une sacrée auteure Fantasy, ma préférée d’ailleurs ! Ces trois cycles de l’Assassin Royal sont un régal !

    Et puis, en France, nous avons de sacrés auteurs : entre autres Erik L’Homme, Henri Loevenbruck ou Olivier Peru puisant dans la culture celte.

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