Cinéma : Ces enfants qui venaient du Brésil de F.J. Schaffner (1978)

Ce film est un peu oublié (le titre français n’aide pas… traduction du titre original The Boys from Brazil) est un excellent thriller basé sur des faits réels… Une adaptation aussi du livre d’Ira Levin. Nous partons en effet sur les traces de Josef Mengele et de ses terribles expériences.

Vienne, Autriche, à la veille des années 1980. Ezra Lieberman est un célèbre chasseur de nazis (inspiré par Simon Wiesenthal et par Serge Klarsfeld) qui vit avec sa sœur dans un vieil appartement. Il reçoit un jour l’appel d’un jeune juif, Barry Kohler, en provenance du Paraguay. Ce dernier a retrouvé la trace de nombreux officiers nazis et pense qu’un complot se prépare. Malgré les recommandations de Lieberman qui lui suggère vivement de quitter le pays pour sa propre sécurité, Kohler décide d’en savoir plus. Après avoir découvert la villa où se tiendra une réunion secrète, il soudoie un jeune domestique afin d’y placer un micro. Le stratagème fonctionne.
Le chef de cette conspiration n’est autre que Josef Mengele, ancien médecin du camp d’extermination d’Auschwitz, et connu pour les expériences pseudo-médicales qu’il effectua sur les prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le scénario prend des libertés avec la réalité. Si certains des personnages nazis (Gunther par exemple) ont réellement été au Paraguay et se sont rencontrés à cette époque, leur activité était assez différente de celle qui est montrée ici. Mengele n’était pas à la tête d’un centre d’expérience au coeur de la jungle Paraguayenne, par exemple. Mais effectivement, il a fait des expériences sur les jumeaux et son rôle à Auschwitz est décrit correctement dans le film. Mengele n’est alors pas suffisamment connu, échappant encore à ses chasseurs. Il sera formellement identifié en 85 après son décès en 79.

Ce film, qui visuellement a vieilli, tient par un remarquable scénario qui dévoile peu à peu le sinistre dessein de Mengele. Le spectateur sait assez tôt qu’il va y avoir des meurtres mais ne comprend qu’à la moitié du film le lien entre ses meurtres. Pourtant, il ne sais toujours pas le but de tout cela. On voit un Mengele qui continue des expériences sur des enfants et des populations indigènes dans la jungle et même sur des animaux et cela donne une atmosphère digne de l’île du Dr Moreau. Pour incarner ce méchant ultime, il faut un Gregory Peck au sommet de sa forme avec ce regard glaçant et noir. Le costume blanc immaculé ajoute au visuel, comme l’ange de la mort qui se déguise sans pouvoir masquer qui il est. Face à lui, nous avons un Laurence Olivier déjà ammoindri, en vieillard juif parfois taquin. L’effet comique est accentué en français par un accent très prononcé, une voix en décalage avec le propos. On retrouve aussi un James Mason très martial, un jeune Steve Guttenberg bien loin de Police Academy, ou encore Bruno Ganz avant qu’il ne pense à incarner… Hitler. On reconnaîtra aussi Walter Gotell, excellent second rôle, souvent vu en …Russe. La tension qui s’installe tient à ce casting.

On peut y ajouter une bonne musique de Jerry Goldsmith, pour l’époque et le film fonctionne. Pourtant, il y a quelques incohérences, comme dans des meurtres où on se demande comment l’enquête ne peut pas trouver cela bizarre. Ou bien les expériences qui nous paraissent maintenant simplistes, vis à vis des découvertes scientifiques sur le clonage, la génétique, … ce qui n’était pas encore compris à l’époque. Mais il ne faut pas oublier que celles des nazis dans les camps l’étaient aussi, la plupart étant des médecins à la carrière contrariée avant guerre et qui trouvaient là une revanche. A sa manière, Ira Levin (également auteur de Rosemary’s Baby et The Stepford Wives) permet à l’histoire de ces médecins nazis, de se faire connaître. Sous cet aspect de bon thriller, il y a un aspect horrifique digne d’autres films comme « Damien, la malédiction », dont justement les deux opus sortent en 76 et 78. Nous sommes dans une période de l’age d’or du film d’horreur et ce mélange avec le thriller et l’histoire est parfaitement équilibré.

Difficile de trouver une bande annonce. La musique est ici trop grandiloquente mais les images sont celles du film de 78. De quoi passer un bon moment d’angoisse, avec de grands acteurs et une grande histoire. Et je l’inclus volontiers dans ma cinémathèque idéale, malgré ses défauts car ils finissent par faire tout son charme.

2 réflexions sur « Cinéma : Ces enfants qui venaient du Brésil de F.J. Schaffner (1978) »

  1. Ha mais j’avais lu ce billet, pas fait le rapprochement avec ma dernière lecture. C’est parce qu’il y a un vieux dedans ?

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