Littérature : La Vie du bon côté de Keisuke Hada (2018)

Ce court Roman (moins de 200 pages) aurait été banal s’il n’était japonais. Je m’attendais à autre chose mais ce n’est pas forcément inutile.

Je m’attendais à quelque chose de bien plus positif dans cette histoire conjointe d’un petit-fils et son grand-père. Le petit-fils est au chômage, un peu malade avec son asthme, ses allergies. Le grand-père n’aspire qu’à la fin de sa vie. C’est finalement cette recherche de la mort qui va rendre la vie au plus jeune.

C’est assez monotone, comme la vie de ce grand-père qui a du mal à se déplacer ou essaye de le faire croire. Il n’a plus de but, vit dans des souvenirs dont on ne sait s’ils sont vrais. Il y a la mère (sa fille) qui le rudoie parfois. Il n’a comme objectif que d’aller dans un établissement pour les vieux, pour un peu d’activité chaque jour. Il n’a pas non plus les moyens pour un établissement spécialisé privé et (comme en France), il y a une longue liste d’attente pour le public, loin, …3 ans, cela paraît une éternité.

Kento, le petit fils a aussi une routine. Il passe des entretiens d’embauche sans espoir, juste pour cocher la case. Il a une petite amie mais c’est aussi une routine. Le sexe, la masturbation, apprendre, tout cela semble affreusement rébarbatif, périodique, ennuyeux. Et pourtant il se remet au sport, de lui même, comme pour se forcer à être actif, parce qu’il veut s’occuper du grand-père aussi. Il cherche à accéder à sa demande, partir sans souffrir mais ne trouve guère de solution. Kento n’a rien de sympathique, plutôt misogyne sur les bords,… Pas plus que ses amis, même Daisuke qui n’a rien trouvé de mieux que de s’occuper des … anciens parce que c’est le secteur qui recrute. Mais il en a une vision bien particulière.

Il ressort de ce roman plus une réflexion sur le Japon d’aujourd’hui et le manque d’avenir de cette jeunesse diplômée de troisième zone. La vie du bon côté, on ne la trouve pas réellement mais l’auteur la cherche. La conclusion est presque tracée d’avance, ne déviant pas de ce qui est déjà écrit dans ce Japon qui semble parfois figé. On y parle du système de santé, à la fois performant pour maintenir en vie mais qui ressemble parfois à une sorte de camisole chimique maintenant les êtres dans une semi-vie. C’est une question fondamentale pour les japonais qui connaissent un vieillissement sans précédent de leur population. Hada Keisuke n’essaye pas de trouver de remède miracle, ce que le titre français pourrait faire penser. Il ne parle pas forcément au français que je suis mais plus aux japonais, ce qui explique le prestigieux prix reçu par le livre.

Et pourtant, après avoir passé ces quelques heures à le lire, je repensais aussi à ma propre jeunesse, à mon grand père qui tenait un discours pas si éloigné de celui du livre. Il agissait même pareil ce qui montre une certaine universalité du propos dans nos sociétés dites modernes. A lire si le sujet vous intéresse…ce qui ne saura tarder 😉

3 réflexions sur « Littérature : La Vie du bon côté de Keisuke Hada (2018) »

  1. Lu récemment. J’ai trouvé très beau cet appui mutuel entre le vieil homme et son petit fils et le courage qu’insufle ce grand-père ,bien que très diminué, à son petit-fils.
    Les asiatiques s’occupent de leurs personnes âgées en général. Quand je vois dans ma ville des petits vieux,abandonnés, l’été sur des bancs, que personne ne viendra chercher,j’ai honte pour leur enfants partis en vacances.

    1. Et dans de nombreux pays asiatiques, la maison réunit les génération, que cela soit dans une grande salle commune (longhouse) ou par étage (maison tube)

  2. Oui c’est vrai vous avez raison,c’est la même chose en Amerique Latine,au Mexique par exemple,les personnes âgées vivent avec leurs enfants et petits-enfants dans l’Hacienda.
    Pour resumer,c’est un court roman mais bon.

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